mardi 29 octobre 2019

L'Alberta et son séparatisme


Du point de vue du Québec, s'il est une chose qui fait sourire, c'est bien ce nouveau phénomène du séparatisme albertain. Il n'y a pas si longtemps, en plein surplus budgétaire, ils nous donnaient des leçon d'économie comme une bande de paysans avec une carte de crédit illimité...

Avec l'argent du pétrole, l'Alberta a tout dépensé en baisses d'impôt ou en chèque directement aux contribuables, le tout payé à même les revenus du pétrole, qui eux sont liés aux fluctuations du marché et qui demeure en quantité limité, car c'est une ressource non-renouvelable.

Et puis arriva leurs jours de malheur, le prix du brut dégringolant, aucunement préparée à la baisse du prix de la ressource, leur gouvernement se retrouve depuis dans le rouge. Au surplus, l'Alberta a un fond souverain famélique, autant pour atténuer l'inflation qui brûle leur économie que pour venir pérenniser leur richesse lorsque viendra le temps de l'après-pétrole.

La crisette! C'est la faute à tout le monde, sauf de leur mauvaise gestion. Quand ce n'est pas le Québec avec ses programmes sociaux, c'est l'Ontario qui n'y comprend rien, et quand ce n'est pas l'Ontario qui ne vote pas comme il faudrait, c'est le «dangereux» NPD ou au tour du parti Libéral qui «mijote des complots sadiques» contre l'Alberta.

En subvention directe au pétrole, l'Alberta reçoit 10MM$ par an, soit l'équivalent de 4 fois les sommes qu'ils clament verser injustement en péréquation à travers le Canada. Ils veulent réaliser l'indépendance? Enclavés et sans aide extérieure pour venir les renflouer, comment exporteront-ils leur pétrole le plus sale du monde? Juste une autre histoire pathétiquement humaine de gens désargentés qui brûleraient leur propre maison dans l'espoir d'en tirer de la compassion ou un bon prix? Ne pourraient-ils pas simplement gérer adéquatement leurs revenus de leur ressource, dont le prix est variable, et se préparer en conséquence, plutôt que de se comporter comme des enfants qui croient que la richesse est infinie et terminer en petites cigales braillardes?

Quant à la question de l'indépendance, n'en demeure pas moins qu'ils en ont bien sûr les pleins droits. Par exemple, le Québec ou l'Ontario étaient des états qui se sont librement associés afin de former l'entité qui était devenue le Canada. L'Alberta est une création juridique du Canada, faisant suite au nettoyage ethnique qu'à eu lieu dans l'Ouest afin de gagner en territoire sur les Métis francophones et d'y envoyer des paysans ukrainiens pour les peupler au nom du nouveau pays. L'Alberta est autant une province comme les autres et en bénéficie des mêmes droits que ses fondatrices. Mais plus que cela, ont-ils ce qu'il faut pour former un peuple ou ne cherchent-ils que des raisons pour se sauver avec leur argent qu'ils pensent être en danger? Au cours de l'histoire, la chose s'étaient déjà vue, comme pour Singapour, par exemple.


Références:
L’Alberta se prive de dizaines de milliards en taxation
#Wexit: Company says bots, aggregators boosted Alberta separatist movement on Twitter


jeudi 20 juin 2019

45 minutes de mensonge?



Pour la moyenne des gens de Québec qui ont déjà pris l'autobus au cours de leur jeunesse ou qui en sont des utilisateurs actifs, une affirmation a dû faire sursauter plus d'un... Le temps de 65mins en moyenne entre Charlesbourg et Sainte-Foy serait ramené à 45mins.

J'ai voulu cherché les réponses. En portant attention au tracé, je me suis aperçu qu'il était essentiellement le même que le Métrobus 801, soit 1 station tous les 70m, en moyenne. Tout ça pour un véhicule mesurant environ 30m. Aussitôt démarré, il devrait aussitôt arrêter. On pourrait alors se demander, pourquoi en s'entêtant sur le même tracer, penser qu'il pourrait en être différent avec un tramway?

Comment peut-on prétendre pouvoir compléter en 45mins un parcours de ~20-25km soit en étant arrêté minimalement de 2-5mins par arrêt de tramway, et ce pour 35 stations? Cette affirmation pourrait être démontée ou démolie par un écolier du primaire. Juste en temps d’attente, on atteint raisonnablement ~1h10-1h30! Autrement dit, ce temps de 45mins serait-il le «scénario idéal», soit : aucun arrêt entre le départ de Charlesbourg et l’arrêt à Ste-Foy? Or, la vitesse prévue du tramway devrait être comprise entre 15km/h et 30km/h. Vérification faite, compléter un trajet la distance projetée en kilomètres en tout ça 45mins exigerait de rouler, sans être arrêté par aucun feu rouge ni station, à la vitesse d'au moins ~35km/h. 

Comment peut-on alors nous faire miroiter un tel scénario? Sommes-nous dans la fausse publicité? Un délai moyen de 45 mins entre Charlesbourg et Sainte-Foy, y croyez-vous?



Voici la carte des stations du tramway de Québec
https://www.rtcquebec.ca/

jeudi 16 mai 2019

Le troisième lien des idiots


Alors que les études s'accumulent, depuis lors on connaît les chiffres des besoins autoroutiers dans la région de Québec. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) précise que 31 000 véhicules empruntent les ponts Pierre-Laporte et de Québec d’ouest en ouest contre 21 000 d’est en est. Et dans ce groupe, seule une infime proportion d’automobilistes de la région de Québec, soit 2,3%, disent passer plus d’une heure dans leur véhicule à chaque jour pour se rendre au travail. Ainsi, Québec, incluant aussi la Rive-Sud, se classe alors au 29e rang des 35 grandes régions du pays au chapitre du temps passé en voiture, ex aequo avec Winnipeg et Saskatoon. À l'échelle du Québec, seule la région de Saguenay (2,1 %), arrive derrière Québec. Sur le ton de l'humour, l'Infoman l'avait dit: du trafic à Québec, il n'y en a pas!

Pour poursuivre le plaisir, faites rapidement le calcul, d'une moyenne de 2,3% de 21 000 véhicules donne 483. Ensuite, de ce nombre, divisez par la facture totale du coût évalué du projet. Afin d'ajouter une seconde perspective, toujours selon les études, l’allègement de la circulation ne dure que 3 à 5 ans. Des politiciens douteux essayerons bien d’étirer ces chiffres, mais la réalité rattrapera tout le monde: l’impact sur la "congestion" ne pourrait qu’être marginal. Dans ce cas, pourquoi dépenser environ 3 milliards de dollars pour les besoins critiques de seulement une poignée d'automobilistes et pour une durée aussi courte, d'autant plus que les frais d'emprunt et d'entretien du lien s'étaleront sur des générations.

Et pendant ce temps, que fait-on afin d'améliorer réellement la fluidité entre Québec et Lévis: rien en tout cas dans le but de relier les deux rives par tramway, le fameux projet de transport structurant... Et rien encore moins que rien sur le TGV dans le corridor de Québec-Windsor.


Photo tirée de Radio-Canada

Références:
Enquête Origine-Destination : Bonnardel défend tout de même un 3e lien à l'est
Portrait des déplacements dans la région de Québec
Région de Québec : 2,3 % des automobilistes mettent une heure et plus à se rendre au travail
Infoman, Épisode 30
Troisième lien à l’est: les arguments favorables mis à l’épreuve des faits