lundi 31 janvier 2011

Le gaz de Schiste...quand les bulles sortent du trou - Le poison

Nous entendons beaucoup parler du gaz de schiste depuis quelques mois. Il est donc important d'avoir un topo d'ensemble. Le Grand Algorithme vous fera donc un plaisir d'en faire la couverture en 3 sujets (L'Origine, Le poison et Le complot).

Lors du premier sujet, nous étions rendu au passage...Pouf, les bulles sortes comme de bouteille de Champagne... Car oui, d'un premier abord, les avancées techniques ont permit la mise au jour d'une formidable réserve de richesses que sont les gaz de schistes peuvent faire rêvées et de festoyer comme les déterreurs d'un butin laissé par des pirates...Mais est-ce que c'est de l'argent si facilement gagné?


Comment l'exploitation de ce gaz endommage l'environnement?

Comme vous l'avez lu dans le précédent exposé, les techniques qui permettent de percer la roche et de libérer les gaz se fait à une profondeur dépassant le kilomètre, largement en-dessous de la nappe phréatique, mais il n'est pas isolé de l'écosystème. Quatre facteurs font que l'exploitation de ce gaz est nocif pour l'environnement  et pour les gens qui vivent autours.
  • Le cocktail utilisé pour fracturer la roche et libérer le gaz: un mélange d'eau et de sable à 99,4%, diront les experts, mais il reste pas moins de 72 000 litres de produits chimiques cancérigènes...polyaclylamide, isopropanol, acide chlorhydrique, monohydrate de nitrilotriacéate de trisodium. Elles ont beau être dilluées, ces substances, une fois injectées, puis une fois remontées: on laisse dans le sous-sol de 6 à 8 millions de litres contaminés.
  • Les nappes phréatiques. Les formations géologiques sont comme un immense gâteau sillonné de fractures et de pores. Des composés pourraient réagir entre eux ou avec d'autres substances dans les sol. Certains composés resteront sous terre. Les experts ne savent pas vraiment ce qu'il adviendra de ces mélanges qui resteront sous terre, mais on sait maintenant que les composés plus légers remonteront à la surface. D'autres produits chimiques pourraient aussi s'échapper des puits si la gaine de béton fissure: le méthane et les autres gaz trouvent le moyen de migrer vers les puits d'eau potable qui la rend inflammable, nauséabonde et impropre à la consommation humaine ou animale. 
  • Les eaux usées qui reflue des puits en exploitation sont récupérés dans des bassins de rétention (pas très sécuritaire comme l'aura montré L'Infoman donc pas à l'abri des fuites) et ensuite transportés par camion-citerne jusqu'à une usine de traitement d'eau. Mais aucune étude n'a prouvé que les stations d'épurations ont la capacité d'éliminer ces contaminants. De plus, les usines des municipalités québécoises seront-elles capables de traiter de tel volumes d'eau contaminée?
  • Effet de serre. Le professeur de l'Université Cornell Robert Howarth a prouvé que le bilan de l'exploitation et de l'utilisation des gaz de schistes est en fait aussi polluante que celle du charbon: le plus sale de tous les combustibles.


Alors comment ça c'est passé ailleurs?

Mal. Pas d'autres réponses. Les leçons des États-Unis et de l'Alberta, notamment documentée et filmée par des documentaires primés le prouve...

  • "Ma vache pissait le sang, par les yeux, la bouche, le nez, les oreilles et le derrière. Elle labourait son ventre avec ses sabots. Mon vétérinaire n'avait jamais vu ça. " ...après avoir bu de l'eau contaminée par le méthane.
  • Parcourir 30km 3 fois par semaine pour aller chercher de l'eau embouteillée, soit des centainres de litres par semaine nécessaires, le feriez-vous?
  • De l'eau qui pétille comme du 7-Up, de l'eau qui coule du robinet et qui s'enflamme d'un coup d'allumette.



Savons-nous ce que nous faisons? 

Que fait notre gouvernement pour s'assurer que les compagnies assument leurs responsabilités? Pour faire connaître ce que l'on injecte dans le sol, ce qui se trouve dans les eaux usées, comment ces eaux vont être traitées, combien de camions vont circuler? "Les Ministres Line Beauchamp et Nathalie Normandeau ont reconnu qu'elles en savaient très peu sur l'impact de l'exploitation des gaz de schistes et que le cadre réglementaires était inadéquat. Un an plus tard, rien a changé."

Cet argent qui n'a pas d'odeur...

Voyez-vous venir la suite...Prochain épisode: comment l'exploitation du gaz de schiste ne se fait pas dans tous les intérêts du Québec?


Deux films à voir:


      Références:
      AQLPA
      Québec-Sciences


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      vendredi 28 janvier 2011

      Le précieux héritage des lettres anciennes

      Dans les pas de la vie, d'autres sont passés avant nous, et d'autres peuples ont auparavant étudié cette nature humaine qui nous gouverne (le Grand Algorithme avant le temps quoi) de par la littérature, le théâtre, la philosophie et les premiers usages démocratiques.

      Laissez moi vous présenter deux fondations à vocation culturelle qui sied à Québec, et en particulier aujourd'hui, de la Fondation Humanitas.

      Cette fondation qui a plus de 20 ans maintenant vise à promouvoir l’étude et la passion des lettres anciennes des civilisations grecque et latine. Elle organise pour cela plusieurs activités dont notamment:


      • des cours intensifs, pour grands débutants, d’initiation au grec et au latin et de niveau avancé;
      • un souper bénéfice annuel, invitant membres et non membres à une soirée grecque;
      • des lectures publiques d’extraits de grandes œuvres, telles que les Lettres de Sénèque, un dialogue de Platon, ou encore des extraits de la poésie amoureuse;
      • la remise du Prix Humanitas, remis conjointement avec la Société des études gréco-latines du Québec à un étudiant de Cégep.


      Question pour faire débat: des fondations ou des regroupement à vocation culturelle, en connaissez-vous, en fréquentez-vous?


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      mardi 25 janvier 2011

      Le gaz de Schiste...quand les bulles sortent du trou - l'Origine

      Nous entendons beaucoup parler du gaz de schiste depuis quelques mois. Il est donc important d'avoir un topo d'ensemble. Le Grand Algorithme vous fera donc un plaisir d'en faire la couverture en 3 sujets (L'Origine, Le poison et Le complot).

      D'où vient ce gaz de schiste?

      Ce gaz est issu de la décomposition de végétaux qui sont restés enfouis dans la croûte terrestre et emprisonné dans du schiste au lieu d'être simplement resté "sur place" dans les couches. Parce qu'il y a des millions d'années, le climat du Québec était tropical (et oui!) et la végétation luxuriante. C'est pour cela que notre sous-sol regorge de ce gaz aujourd'hui convoité. Le gaz est captif, emprisonné dans les pores microscopiques de ces couches de roches. Le schiste étant une roche sédimentaire déposée à son origine sous forme d'argile et de limon. Mais ce gaz sont une des sources dites « non classiques » de gaz naturel, qui incluent: le méthane de houille et le gaz de réservoirs étanches.
      Vous noterez que de nombreux articles le nomme gaz de shale, de son vrai nom géologique.


      Comment extrait-on ce gaz de schiste?

      Le gaz classique est plus facile et moins coûteux à produire. Dans ce cas, pour faire une image simple, il suffit souvent de planter "une paille" dans la roche jusqu'au bassin souterrain et d'en aspirer les bulles, comme dans un verre de boisson gazeuse. Cependant, la production de gaz provenant de ces accumulations diminue dans le monde (car nous l'avons brûlé). Afin de pallier cette future pénurie, l'industrie pétrolière et gazière se tourne vers des combustibles fossiles dont la production était auparavant difficile et trop coûteuse. Voici le que le gaz de schiste devient la bouée de secours...

      Parce que la présence de ce gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent est attestée depuis les années 1960. Dans les années 1970, des relevés réalisés par la Société québécoise d’initiative pétrolière (SOQUIP), près de Saint-Hyacinthe, ont confirmé l’existence de ces gisements de gaz...Restait à pénétrer ce schiste pour en extraire le gaz. Une opération qui a longtemps semblé relever de l’impossible.

      Cela était le cas jusqu’à ce qu’un certain George Mitchell, un ingénieur pétrolier des États-Unis, entre en scène. Littéralement obnubilé par les énormes gisements que contienait le schiste du nord du Texas, il expérimente, en 1981, une technique inédite: la fracturation hydraulique. Mais ses essais s’avèrent peu concluants, car le volume de gaz extrait est trop faible pour rentabiliser l’opération.

      Il fallut attendre encore quelques années plus tard, où Bill Penhall, aujourd’hui vice-président du groupe Devon Energy, a l’idée d’exécuter un forage à l’horizontale pour fracturer la couche géologique sur sa longueur. C'est cette innovation technologique, qui permet d'extraire le plus de gaz et ce, à moindres coûts.

      Pour faire une image simple, il faut s'imaginer un mille-feuille dans le font d'un verre rempli de boisson gazeuse: pour faire sortir les bulles, non seulement on plante "la paille" jusqu'à la "roche", mais ensuite il faut la faire dévier horizontalement dans la couche de schiste (ou ici de gâteau) prometteuse et y injecter sous pression de l'eau et des produits chimiques pour faire éclater les couches "du gâteaux" qui emprisonne les bulles; pour ensuite les aspirer. Voici, ci-contre, une illustration du processus.

      Plus en détails, du ciment est d’abord coulé à l’intérieur du cylindre d’acier, puis remonte sur le pourtour du tube jusqu’en surface. On reforce le tout à en injectant une boue constituée d’eau et de gel qui tapisse les parois et les solidifie. Elle permet également d’évacuer les déblais créés par le forage. Ce coffrage interne permet de canaliser le gaz tout étant...censé d'empêcher les fuites vers la nappe phréatique (eau pur dans le sous-sol). Une fois fait, le forage est dévié horizontalement. La couche de schiste est alors traversée sur une longueur de 1 km. Au bout de l’installation, une dernière gaine de ciment, horizontale cette fois, est mise en place. Elle sera perforée pour laisser passer les jets d’eau lors de la fracturation à venir. Ensuite est installé un dispositif anti-éruption au-dessus du puits: simple plaque d’acier qui empêche le gaz de s’échapper en cas de brusque changement de pression sous-terrain.

      Une fois la "paille" installée, pour extraire ce gaz, cela exige beaucoup beaucoup d'eau sous pression! Cette fracturation est provoquée par l'injection d'environ: 12 millions de litres d'eau, de 1,2 millions de litre de sable et de 72 000 litres d'acide chloridrique pour dissoudre la roche. L'onde de choc de la fracture se répercute jusqu'à des fissuration de 100 mètres plus haut dans les couches de roches. Après cette injection, 35% à 50% du liquide jaillira à la surface pour être suivi de 10 à 20 ans d'approvisionnement gazeux.
      ...Pouf, les bulles sortes comme de bouteille de Champagne...

      Voyez-vous venir la suite...Prochain épisode: comment l'exploitation de ce gaz endommage l'environnement?


      Références:
      Québec Science
      L'ABC du gaz de schistes au Canada - Dossier énergie

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