lundi 10 octobre 2011

La guerre méconnue des terres rares

Les gens sous-estiment l'influence des grands financiers  dans les prix des matières premières. Les gens pensent que c'est la croissance de pays comme la Chine qui stimule la demande. Mais ce sont les niveaux de spéculation financière qui sont à un point jamais atteint. Autrement dit, ce ne sont pas les industriels consommateurs de matières premières qui dirigent le marché, mais: des maisons de courtage, des banques et des grands investisseurs.


L'or atteint maintenant les 1800$ l'once, hors 40% de la demande dépend d'investisseurs financiers, par rapport à 10% en 2003. Le cuivre, son voisin chimique, on a appris en décembre 2010 qu'un seul et unique négociateur contrôlait 80 à 90% de tous les stocks de cuivre de la Bourse des métaux de Londres. Sur le pétrole, au plus fort du printemps arabe, les spéculateurs représentaient 90% de la demande, du jamais vu!



Le cas spécifique des terres rares

La Chine produit 97% des terres rares de la planète et elle a de nouveau diminué ses exportations en 2011. Elle contrôle très bien les prix et a bien l'intention d'en profiter. Pourquoi cela? Et c'est quoi ces "terres rares"?

Les terres rares sont les éléments chimiques numéros 21 et 39 du tableau périodiques des éléments et les 15 lanthanides. Et elles portes leurs noms rares...parce qu'elles sont réellement rares, en moyenne seulement 5-10ppm dans la croûte terrestre. Soient 17 minéraux aux noms totalement inconnus, comme: le samarium, le germanium ou le scandium! Des noms que l'on retrouverait vraisemblablement dans un film de science-fiction pour nous impressionner. Et ils sont aussi essentiels à nos technologies modernes...Écran plat, iPod, missile, semi-conducteur, batteries rechargeables, laser ou fibre optique. Autrement dit, des ingrédients de base de notre vie moderne.


Les sources du conflit

Durant le tournant des années 1980 et 1990, suite aux grandes découvertes, Deng Xiaoping, le secrétaire général du parti communiste chinois, voulu que les terres rares deviennent à l’Empire du Milieu ce que le pétrole est au Moyen-Orient. Suite à des tactiques commerciales aggressives elle réussit à se réserver la quasi-exclusivité du commerce de ces ressources qui ont rendu l'exploitation de ces matériaux non rentable partout ailleurs, mais cela à un prix écologique (rejets: de fluor, soufre, métaux lourds, plomb, mercure, cadmium, et des traces de radioactivité) et humain considérable.

La Chine détient aujourd'hui environ le tiers de ressources connues dans le monde et les pays industrialisés sont devenus désormais dépendants de ces minerais qui portent leurs évolutions technologiques; des substituts existent pour beaucoup d’applications, mais leurs propriétés sont moins efficaces. Ainsi, après avoir alimenté le marché mondial avec une production bon marché la Chine décide de spéculer sur son atout et de maximiser la production de matériel technologique fabriqués en Chine. Car la tactique est là, les exportations sont limitées et elles coûtent chères, mais la production intérieure chinoise ne l'est pas...et se les réserve à son marché intérieur de plus en plus gourmand.


Elle s'en sert également maintenant comme d'une arme politique, d'abord en maximisant son contrôle sur la production intérieure, mais aussi en favorisant des investissements chinois su des mines hors de son territoire. Mais aussi contre Tokyo. Pékin aurait alors interdit à plusieurs de ses navires de quitter ses pour approvisionner le Japon. Décision prise en rétorsion au conflit sur les "eaux territoriales" opposant les deux pays. Idem contre les États-Unis, la Chine ayant guère appréciée l’ouverture d’une enquête sur les subventions accordées à l’exportation de ses technologies "vertes".


La place du Québec

Le Québec pourrait bien tirer son épingle du jeu. Il y a des gisements de lithium qui pourraient être utilisés pour les batteries rechargeables, le Japon, les Américains et les Chinois en sont fortement intéressés. Aucune mine de terres rares n'est actuellement active en Amérique du Nord. Les Québécois sauront-ils, comme les Chinois, monnayer et profiter de leurs ressources comme les Chinois?


Animation
Wiki

Le lithium au Québec 1
Le lithium au Québec 2

Article 1
Article 2
Article 3
Article 4
Article 5
Article 6
Article 7
Article 8


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jeudi 6 octobre 2011

Ultime paysage fantôme: Tchernobyl


Dernier d'une série sur les ruines et le patrimoine que l'on détruit, voici l'ultime paysage fantôme: Tchernobyl. Suite à la catastrophe nucléaire de 1986 où le réacteur de la centrale du même nom avait explosé, cela avait pulvérisé aux alentours de la ville, puis dans le monde, un nuage radioactif comme il ne s'en était jamais vu. Après des dizaines de morts et les sacrifices héroïques des liquidateurs, le gouffre du réacteur en feu a pu être refermé. Mais le mal était fait. Les environs de la centrale, la ville et sur un rayon de 100km aux alentours est interdit d'accès et sera impropre à toute vie pour les prochaines 100 000 années.

Sans doute Fukushima la rejoindra très bientôt...

Mais voici de très belles photos d'une visite autorisée autour de la centrale et de la ville de Tchernobyl et les commentaires de celui qui la visite:

Pour revenir à ma question principale, j'aimerais vous entendre vous exprimer sur ce thème: Pourquoi détruisons-nous ce qu'il y a de plus beau? Parce qu'on ne sait pas quoi en faire? Parce que ça coûte trop cher? Parce que ce sont justes de vieilles affaires qui traînent? Le patrimoine, c'est quoi ça?




Image tirée du site

lundi 3 octobre 2011

Les villes fantômes en Chine

Dernier opus d'une série de 4, pendant que l'Occident est exangue et tente de colmaté les fissures de son capital et de ses villes; les villes chinoises prospèrent et elles de ne cessent de grossir. À tel point que des villes entières sont construites...et parfois laissées à l'abandon!

Comme cette université de Yunnan qui devait accueillir 2,3 millions d'étudiants, mais qui n'en reçoit que 11 milles. Mais surtout des villes complètes, elles ont pour noms: Zhengzhou, Erenhot, Dantu, Bayannao’er, Kangbashi; et surtout: Ordos.

Villes chinoises fantômes projets pharaoniques devenus coquilles vides? Voyez par vous-mêmes:
Le site des photos satellites




Image tirée du site de photos